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FDB : Ouessant : pourquoi Charles III est appelé à la rescousse d’une église menacée d’effondrement ?

Par Charlotte de Frémont (La Croix – 11 mai 2026)

À Ouessant (Finistère), une association lance un appel à Charles III pour sauver l’église Saint-Pol-Aurélien, menacée d’effondrement. Cette idée audacieuse trouve ses racines au XIXe, quand la reine Victoria avait financé le clocher en remerciement de l’action des îliens envers les victimes du naufrage du Drummond Castle. « Le clocher de l’église a été offert par la reine d’Angleterre, la reine Victoria, suite au naufrage d’un paquebot entre l’île d’Ouessant et l’île de Molène, le Drummond Castle », rappelle le maire d’ Ouessant, David Quantin, sur France Inter.

Le 16 juin 1896, à la veille de son arrivée à Londres, le paquebot britannique fête la fin de sa traversée,commencée quelques semaines plus tôt au Cap (Afrique du Sud). Persuadé d’être à l’entrée de la Manche, le commandant Pierce donne l’ordre de mettre le cap vers l’Angleterre, sans tenir compte des courants qui ont porté le navire plus à l’est. « La nuit était sombre et brumeuse, une petite pluie fine tombait sans discontinuer. Les feux d’Ouessant n’étaient pas visibles », rapporte à cette époque La Croix.

Il est environ 23 heures lorsque le Drummond Castle heurte un récif dans le secteur des « Pierres Vertes », l’un des plus dangereux de la zone, près de l’île de Molène. En quelques minutes, le paquebot sombre dans le passage du Fromveur, entre Molène et Ouessant. Selon les sources, le nombre de victimes varie de 243 à plus de 350. Seules trois personnes, deux membres de l’équipage et un passager, sauvés au petit matin par des pêcheurs, survivront au drame. Avertis, les îliens organisent la récupération des corps et l’inventaire des biens des défunts, afin de permettre aux autorités et aux familles de les identifier.

Londres est prévenue, et les derniers sacrements aux victimes sont rendus sur les deux îles françaises, dans un élan de solidarité qui bouleverse l’Angleterre. À Ouessant par exemple, les femmes « habillent comme une des leurs, d’une robe rouge avec des dentelles et des broderies dorées » le corps « d’une adorable fillette », racontera La Croix, dans son édition du 29 avril 1897. Un pêcheur, qui l’avait trouvée en mer, raconte « les larmes aux yeux » : « Elle flottait sur l’eau comme une mouette, tout de blanc vêtue, avec les bras étendus comme deux ailes. » Autour de la caisse qui lui sert de cercueil, « chacun avait déposé son petit bouquet guirlandes de roses, œillets, géranium, couronnes, simples fleurs des champs même se mêlaient aux boucles blondes de l’enfant. » Au fil des semaines, « le dévouement des insulaires et des gens de la côte ne diminue pas », poursuit La Croix. « Partout, on explore les baies, les îlots, les rochers à la recherche des corps des naufragés. »
Reconnaissante de l’aide apportée aux victimes et à leurs familles, la reine Victoria finance dès l’année suivante la construction à Ouessant du clocher de Saint-Pol-Aurélien et offre un calice encore conservé aujourd’hui dans l’édifice. En plus de l’appel à l’aide envoyé à Charles III, descendant direct de Victoria,une souscription a été ouverte sur le site de la Fondation du patrimoine pour financer la restauration de l’église.

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